Précarité énergétique : mobilisation générale !

 

Plus de 20% des personnes en France vivent en situation de précarité énergétique. Avec l’arrivée de l’hiver, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à éprouver des difficultés à payer nos factures, à renoncer à nous chauffer, parfois au prix de notre santé et de la salubrité de notre logement. Cette précarité énergétique déjà plus qu’alarmante menace d’exploser avec la flambée des prix.
Les tarifs augmentent en France parce qu’ils dépendent des marchés à l’échelle européenne et même mondiale. Depuis 20 ans, le secteur de l’énergie subit des vagues de privatisations successives faisant de ce besoin fondamental une marchandise comme les autres. Il n’est pas normal que le prix de l’énergie produite par des barrages qui ont plus de 50 ans change du jour au lendemain à cause de mécanismes de marchés financiers.
Ainsi, notre capacité à répondre à nos besoins fondamentaux (se chauffer, s’éclairer, se nourrir,…) est menacée par ceux qui décidèrent que l’énergie serait dorénavant une marchandise, quitte à détruire une institution comme les services publics de l’énergie. Ce sont les mêmes qui nous ont promis que la concurrence ferait baisser les prix de l’énergie alors qu’il s’est produit exactement l’inverse. Bien que la pandémie actuelle soit un élément déclencheur, les responsables de cette crise sont bien les décideurs d’hier et d’aujourd’hui !
Parce que c’est de leur responsabilité, les pouvoirs publics se doivent d’agir pour endiguer cette nouvelle crise et anticiper les prochaines. À nous habitantes et habitants de nous mobiliser et nous organiser pour ouvrir de nouvelles brèches, pour montrer les voies à prendre et faire émerger un autre système énergétique localement. Un système dans lequel soit garanti un accès minimal à l’énergie à toutes et à tous pour subvenir dignement à nos besoins.
Une transition énergétique ambitieuse passera par la relocalisation de l’énergie, par une production, une consommation et une fourniture locales. Nous sommes convaincus que c’est comme cela que nous ferons une transition énergétique de façon démocratique. Une transition qui va dans le sens d’une écologie populaire parce qu’elle prend d’abord en compte les besoins des personnes qui subissent de plein fouet les inégalités sociales et les crises.
Alors que la COP 26 va sans surprise décevoir une nouvelle fois, nos territoires, nos villes, doivent amorcer une transition énergétique et écologique digne de ce nom. Cessons de repousser à demain ce que nous pouvons faire aujourd’hui. Agissons ici et maintenant !

1. Répondre à l’urgence et anticiper l’avenir
2. Mener une politique ambitieuse de rénovation des logements et de sobriété énergétique
3. Créer des services publics locaux de l’énergie
4. Construire notre autonomie énergétique à toutes les échelles

À l’occasion de la journée contre la précarité énergétique, nous appelons l’ensemble des personnes qui subissent la précarité énergétique ou reconnaissent ce constat, à nous rejoindre pour nous organiser face à l’inaction des institutions.
Nous appelons les pouvoirs publics locaux à prendre leur responsabilité et à nous soutenir pour mener à bien cette lutte contre la précarité énergétique.
Reprenons en main notre avenir, mettons notre énergie en commun, et alimentons la révolution énergétique !

Les premiers signataires :

Nos propositions pour lutter contre la précarité énergétique localement :

 

   1. Répondre à l’urgence et anticiper l’avenir
Mobilisons-nous contre la précarité énergétique et pour pousser Nantes Métropole à plus d’ambition dans les actions mises en œuvre face à l’urgence. Les millions d’euros collectés via les taxes locales de l’énergie devraient être utilisées pour lutter contre la précarité énergétique.
Nous, habitantes et habitants, organisons-nous et entraidons-nous pour faire face à l’hiver et montrer aux institutions ce qu’elles devraient faire. Soutenons-nous les uns les autres, matériellement et administrativement (que ce soit en confectionnant et distribuant des rideaux isolants thermiques, boudins de porte, films adhésifs pour vitre simple, matériel pour réparer des fenêtres cassées, ou bien en réglant les problèmes de non-recours au chèque-énergie et autres aides…).
Remettons en question les logiques de marché de l’énergie qui nous mettent en danger à chaque nouvelle crise et flambée des prix. Organisons la démarchandisation de l’énergie qui nous permettra de subvenir dignement à nos besoins fondamentaux. Mobilisons-nous pour que soient garantis des moyens de subsistance et une vie digne à toutes et tous en instaurant la gratuité d’une quantité minimale d’électricité et de gaz à toutes et tous.
La raréfaction des ressources, et surtout les conséquences dues aux dérèglements climatiques exigent que nous anticipions des épisodes similaires à venir. Cela implique d’organiser la sortie des logiques de marchés et de financiarisation de l’énergie pour permettre à toutes et à tous de subvenir dignement à ses besoins fondamentaux.

   2. Mener une politique ambitieuse de rénovation des logements et de sobriété énergétique
A cette fin, la métropole doit :
● Ne pas attendre l’obligation de rénover les passoires énergétiques (étiquettes F et G), faisons-le partout sur le territoire et donnons les moyens aux bailleurs sociaux pour qu’ils réalisent massivement et rapidement la rénovation de nos logements sociaux.
● Garantir qu’aucun logement insalubre ou peu performant ne soit mis sur le marché et apporter une vraie réponse face aux marchands de sommeil
● Simplifier les démarches administratives pour que tout à chacun·e puisse bénéficier d’aides financières pour mettre en œuvre une rénovation complète et performante sans devoir passer par une labellisation.

   3. Créer des services publics locaux de l’énergie
Refondons un service public de l’énergie localement, et faisons ainsi de l’énergie un commun, qui ne dépende pas du marché, mais de notre organisation et de nos choix collectifs. Parce que chaque territoire est différent, parce que les ressources sont locales, qui mieux que les communes peuvent être à même de faire des choix sur la réponse aux besoins des habitant·e·s ?
Construisons ainsi des services publics locaux de l’énergie, gérés démocratiquement par leurs usagers et usagères, par tous les habitantes et les habitants de Nantes et sa région, qui prennent en charge la production décentralisée d’énergie renouvelable, la fourniture et la lutte contre la précarité énergétique.
Ces services publics locaux de l’énergie auront pour mission de mettre en œuvre la transition énergétique de leur territoire via des politiques de réduction de la consommation et de production locale d’énergie, en partant de nos besoins locaux et en réinterrogeant nos modes de vie et de production.
À travers ces services publics locaux, nous déterminerons par nous-mêmes la manière de nous approvisionner en énergie, le prix que nous voulons payer, en fonction de nos besoins et de nos ressources. L’ambition est de se protéger des marchés prédateurs et garantir de l’accès à l’énergie. Ainsi reprenons la main sur l’énergie.

   4. Construire notre autonomie énergétique à toutes les échelles
Nous devons tendre vers l’autonomie énergétique nationalement et localement, à toutes les échelles pour retrouver la maîtrise nécessaire et ainsi mettre en œuvre la transition écologique dont on parle tant.
Chaque département, chaque région, chaque intercommunalité doit avoir une stratégie pour développer des moyens de production locaux d’énergie renouvelable et réduire la consommation d’énergie. En tant qu’habitant·e·s, concevons des stratégies nous-mêmes pour reprendre la main sur l’énergie et contraindre nos institutions à soutenir nos initiatives.
La recherche d’une autonomie énergétique à toutes les échelles doit être une occasion de réinterroger nos besoins collectifs en énergie, et donc nos modes de vie. La remise à plat de notre système productif passe par un questionnement de nos besoins. C’est une étape essentielle et prioritaire qui doit se faire à la lueur des ressources proches dont nous disposons, en coopération avec les territoires alentours, proches des nôtres.